SECRET DE GUERRE
En pleine bataille de l’Alsace, sous un déluge d'obus nocturne, Henri, un jeune soldat français de confession juive engagé dans le 24e bataillon de marche de la 1re division française libre, combat avec fureur. Entre deux assauts, hanté par un passé douloureux, il rédige une lettre incendiaire destinée à son père biologique. Henri est un jeune homme profondément meurtri, colérique et dévoré par la rancœur, il accuse ce père, qu'il qualifie de « fumier », de l'avoir abandonné avec sa mère, Jelena, juif, qui a ensuite été capturée par les nazis. Pour Henri, son engagement militaire n'est pas seulement un acte patriotique, c'est l'échappatoire d'une haine viscérale envers ce géniteur qu'il sait appartenir au camp ennemi. En parallèle, à l'arrière d'un camion militaire allemand qui progresse vers la ligne de front, Hans Krüger, un soldat de la Wehrmacht, est plongé dans ses pensées. Contrairement à la rage d'Henri, Hans est un homme posé, rongé par le regret et la culpabilité. Il rédige lui aussi une lettre, mais d'adieu et de repentance, adressée à son amour perdu, Jelena, et à l'enfant qu'il n'a jamais pu élever. Conscient que ce combat sera probablement son dernier, Hans exprime son désespoir face à cette guerre cruelle qui a brisé sa famille et implore le pardon pour sa lâcheté passée. La fatalité est en marche, le camion s'arrête, les soldats allemands débarquent et lancent l'assaut au rythme des obus qui tombent. Le chaos de la bataille réunit les deux hommes dans la boue des tranchées. Désorienté par l'explosion d'un obus, Henri reprend ses esprits et se rue à l'attaque, blessant mortellement un soldat allemand. Alors qu'il s'apprête à l'achever, l'ennemi agonisant murmure dans un dernier souffle le prénom de son amour perdu, Jelena. Saisi de stupeur, Henri secoue ce soldat qui lui confesse, juste avant de décéder, que cette femme est Jelena Jacob. Henri s'effondre en larmes face à l'horrible réalité. Il vient de tuer son propre père sans avoir pu se faire entendre. Pris de rage et de douleur, il trouve sur le corps une lettre d'adieu, scellant cruellement leurs destins à jamais.
